GTA 2021 – Epilogue

Cela fait maintenant 5 mois et demi que je n’ai rien publié sur mon blog. Pour ceux qui me suivent, que j’ai croisé cet été dans les Alpes ou qui se connectent occasionnellement et aiment les récits de rando, il est temps de vous expliquer ce qui s’est passé. Exactement 8 jours après mon départ j’étais contraint d’arrêter ma randonnée. Il m’était impossible de marcher.

J’apprends toujours de mes erreurs et ce qui m’est arrivé était tellement évident et je ne le dois qu’à moi-même. simplement je pense que je devais l’expérimenter.

Je vous avais dit que la 1ere journée de rando, j’avais fait fort. Trop fort en fait.

Il y a une règle très simple en randonnée… c’est de démarrer tranquillement. Règle dont je me suis affranchis bien évidemment. Une fois le corps habitué à la marche et à l’effort, on peut graduellement augmenter cet effort et marcher toujours un peu plus au fil des jours. Mais moi, non. Moi j’ai démarré à fond.

Avec une préparation physique a minima pour ce genre d’exercice, dans la montée du col de Bise, j’ai perdu beaucoup trop de temps (Bise, le 1er col après avoir démarré de Saint Gingolph). J’ai voulu descendre (trop vite) pour rattraper un peu du temps perdu. A peine 100 m après avoir entamé la descente, j’ai entendu un claquement dans le genou gauche. Surpris, j’ai pensé immédiatement à un incident similaire, arrivé quelques années plus tôt. Petit pépin articulaire que j’ai trainé pendant plus de 2 ans avant de récupérer complètement.

Bon, je fais un petit contrôle rapide : pas de douleur, pas de gène, pas de blocage. Tout a l’air opérationnel. Je reprends donc la descente… Tout va bien pour l’instant.

Suivent 3 jours de marche… et tout va bien. Je sens que la forme physique revient progressivement. Ce dimanche, en fin d’après-midi, nous sommes à présent un groupe de 4 randonneurs.

Dans ce groupe, il y a Romain, savoyard. Je l’ai rencontré dans la montée du Col de Bise. Une impression de m’être fait dépasser par une fusée quand il m’a laissé sur place dans la montée après que nous ayons échangé quelques informations. Il y a aussi Sylvie, savoyarde également (de Thonon les bains). Sylvie m’a rattrapé dans la montée du Pas-de-la-bosse. Rattrapé.. c’est bien cela tellement j’étais dans le rouge dans ce 2eme col. Le troisième larron, c’est Jean Paul. Lui, vous le connaissez déjà.

Arrivée au refuge de la Golèse : Jean Paul, Sylvie, Romain

Nous nous dirigeons en direction du refuge de la Golèse. je n’ai plus de difficulté à suivre à présent, plus besoin de m’arrêter toutes les 15/20 min pour récupérer. Je suis sur ce point de bascule ou j’ai cette sensation qu’il m’est possible d’oublier les difficultés physiques pour profiter réellement de la marche. Bref je me sens de mieux en mieux sur le chemin et je sais que cela va encore progresser.

A proximité du refuge, Romain décide de continuer en direction de Samoëns. Pour Sylvie, Jean Paul et moi : c’est arrêt ici, au col de la Golèse. C’est assez pour ce soir. Nous profitons des installations du lieu. Terrasse, douche chaude, restaurant et dormir au sec. Ce soir, il y a un temps de chien et beaucoup de vent.

Réveil 6h le lendemain. Je m’habille avant de ranger mon sac… je voudrais ne pas partir trop tard après le petit déjeuner.

Bizarre le genou gauche, je constate qu’il est tout gonflé ce matin. J’en parle à Jean Paul. Il lui semble que c’est une tendinite. Pour en être certain, le test se fera dans la descente vers Samoëns, en fonction de la douleur… ou pas.

Au refuge de la Golèse, les 1eres inquiétudes

Une tendinite … OK : Si c’est cela, il faudrait peut- être reposer un peu la mécanique si je veux continuer mon périple jusqu’au bout.

Quelques échanges avec les propriétaires des lieux ( Au passage… Dans les plus sympathiques au niveau des refuges que j’ai fréquentés). Je recherche un moyen de locomotion pour descendre sur Samoëns, aller consulter un médecin et reposer cette supposée tendinite). Ils ne descendent pas avant l’après-midi, mais leur voisin fait la navette tous les matins (c’est la ferme juste à proximité du refuge).

Je reprends la route en compagnie de Sylvie. Jean Paul lui, comme à son habitude, est déjà parti. Je vois la ferme plus loin en contrebas. Le 4×4 du propriétaire de la ferme est toujours là… il ne semble pas encore descendu en ville. Nous continuons en direction de Samoëns. On l’entendra bien arriver sur le chemin.

Effectivement, un véhicule arrive rapidement derrière nous. Un signe au conducteur; Il s’arrête et je lui explique mon problème. OK, il nous descend vers la ville. Nous chargeons les sacs derrière le 4×4. Nous voilà donc dans la très longue et interminable descente vers Samoëns. Dans le secteur, la route est complètement défoncée. Ici avoir ce type de véhicule, ce n’est fait pour afficher sa réussite sociale.

Arrivée sur Samoëns, Loïc, le conducteur du 4×4, nous dépose juste devant un médecin, spécialisé en médecine de montagne. Dans la salle d’attente, super, deux personnes avant moi. Il n’y aura pas trop a attendre. Le médecin m’examine. Pour lui c’est un problème au ménisque et le gonflement dû à un épanchement de synovie. Cela confirme ce que je pensais. Conclusion du médecin : un peu de repos et des anti-inflammatoires, cela devrait le faire et je pourrais reprendre ma randonnée.

Je retrouve Sylvie, on fait une pause déjeuner rapide puis on recherche un gite pour ce soir. De très forts orages sont encore prévus pour la fin d’après-midi, donc on va éviter le bivouac. Hébergement trouvé : pour 20€ par personne, une solution assez économique au vu des équipements proposés. Sur place, un coin cuisine et une machine à laver.

Retour dans le centre ville, quelques achats pour ce soir. Je profite des connaissances des produits régionaux de la part de Sylvie. Elle me conseille judicieusement. Un des meilleurs fromages que j’ai mangés… Dommage, mais je ne me rappelle plus son nom !

De retour dans le gîte, on rencontre un autre randonneur qui vient juste d’arriver : Pascal. Lui aussi fait la GTA, mais dans le sens inverse au nôtre. Il est parti depuis 4 semaines de Nice (ou Menton … je n’en suis plus très certain a ce moment de l’écriture du blog). Il nous donne de précieuses informations sur ce qui nous attend. Il n’a pas eu le chemin facile depuis son départ fin mai. La météo et les conditions climatiques sont exécrables cette année.

Ce soir c’est soirée foot : « France-Suisse » en match éliminatoire de l’Euro qui a commencé il y a deux semaines. Je regarde le match avec Pascal et trois autres personnes, des ouvriers du bâtiment, en déplacement actuellement et qui dorment ici tous les soirs. Ce soir la France a perdu, on termine la soirée en discutions… mais un peu dégouté.

Cette soirée a été aussi propice à la réflexion. J’ai modifié mes plans de route pendant que j’appliquais de la glace pour soulager mon genou. J’ai contacté Jean Paul qui est a présent du côté de Sixt-Fer à Cheval. Il va monter sur le refuge de Moëde-Anterne. Apparemment, d’après les informations glanées a d’autres randonneurs, la montée sur le Brévent semble très compliquée, voire dangereuse si l’on est pas équipé de crampons (j’ai) et d’un piolet (ça.. non). Arrivée sur le refuge, il aura plus de détails et de conseils pour continuer vers le Brévent ou bifurquer sur un chemin plus sûr. Sylvie, elle, prend un bus direction « Cluze » ou elle va rejoindre un de ses amis. On se quitte donc ici.

Pour me reposer plus, je décide de me poser directement aux « Contamines-Monjoie ». 

J’ai fait le Brévent l’année dernière. Je connais et cela m’évitera aussi de prendre des risques inutiles. Tans pis pour le Brévent et la vue magnifique quand on arrive sur le macif du « Mont Blanc ». De toute façon, la météo est tellement pourrie qu’il n’y aura rien à voir de remarquable. Me voici donc dans un bus de ligne, direction les « Contamines-Montjoie »

Les Contamines-Montjoie : 2 jours d’arrêt

Jean Paul évite le Brévent et viens me rejoindre sur place. Il arrivera d’ici 2 jours. Nous pourrons alors reprendre la route. Je vais faire un peu « le touriste », tout en évitant de trop marcher tout de même. Un colis de ravitaillement a récupérer, une visite du Jean Paul évite le Brévent et viens me rejoindre sur place. Il arrivera d’ici 2 jours. Nous pourrons alors reprendre la route.

Je vais faire un peu « le touriste », tout en évitant de trop marcher tout de même. Un colis de ravitaillement à récupérer, une visite du village, mais j’ai vite fait le tour. Heureusement, Fred, marseillais, campe juste à côté. On se marre bien. Fred devait faire le Tour du Mont Blanc avec 3 de ses potes. Il est en galère sur le trajet et ses acolytes l’ont laissé ici et ils doivent se rejoindre à la fin de leur parcours.

Camping aux Contamines

Mercredi en fin d’après midi, Jean Paul arrive au camping et s’installe sa tente a coté de la mienne. Nous repartons demain matin.

Reprise de la randonnée ce jeudi 1 juillet. Démarrage juste après 8h, direction Le col du Bonhomme. Nous démarrons tranquillement. Pour l’instant je n’ai pas trop de douleurs, malheureusement cela ne va pas durer.

Et c’est parti pour une très longue montée de 13 km environ et pour passer d’une altitude de 1200m a 1396m. Nous arrivons au col du bonhomme. De nombreux autres randonneurs nous accompagnent sur la piste. En effet cette portion de la GTA coïncide avec le tour du Mont Blanc… qui est une autoroute a randonneurs.

Into the Wild…
Une très, très, très longue montée…
Les romains sont passés avant nous et ont construit un pont. Sympa ces romains ! Ils avaient tout prévu.
En direction du col du Bonhomme… un peu avant la neige.
Nous y voila… la neige également.

Aujourd’hui, comme les autres jours la météo n’est pas sympathique. Il est 12h 30, nous nous arrêtons pour le déjeuner. Il fait froid, à peine quelques degrés, le vent est assez fort, le ciel bien plombé. Bref… pas glop !

Pour notre pause déjeuner, nous avons trouvé un abri en pierre avant le passage du col. Nous sommes a l’abri du vent, c’est déjà cela. Mais le froid ne nous lâche pas pour autant. 30 minutes d’arrêt et nous repartons, il y a encore du chemin.

Ca y est, le col est passé. Direction la Crête des Gittes.
Sur la crête des Gittes : Parcours de dingue … attention a ne pas s’écarter trop du chemin.
Vue a 180° depuis la crête des Gittes.
Apres le col de la Sauce (2307m) descente sur le Plan de la Lai

Arrivée sur le secteur du plan de la Lai. Difficile de trouver un bivouac. Le moindre bout de terrain un peu horizontal est entouré de fil barbelé ou tagué « Bivouac interdit ». Après un accueil vraiment désagréable au gîte de Plan Mia (Accueil le plus exécrable vécu sur toutes mes randonnées) nous nous rabattons, Jean Paul et moi, quelques kilomètres plus loin, ou nous trouvons un spot sommaire mais tranquille.

Bivouac à proximité du Belvédère – Suffisant pour cette nuit.
Cette cabine de téléphone posée ici est juste la pour la déco.

Repas vite expédié, direction la tente et le duvet bien chaud. Dehors c’est humide, froid et venteux, mais je passe une bonne nuit. Je me réveille plusieurs fois dans la nuit pour éponger la condensation qui s’est déposée à l’intérieur de ma toile de tente. Une tente mono paroie, c’est super. Le gros défaut c’est la condensation. Et c’est un très gros défaut.

Vendredi 2 juillet. Réveil 6h30 et départ vers 8h00. J’attends un peu Jean Paul et nous voilà repartis. Mon genou me fait de plus en plus mal. C’est la plus belle journée depuis mon départ. Ce matin, le soleil a décidé d’être de la partie. C’est tout de même plus sympa de marcher dans ces conditions. J’en profite pour faire des photos. Je n’en ai pas fait trop pour l’instant (Peut être a cause de la météo ?).

Nous voila repartis : Coté météo… tout va bien.
Au dessus du lac de Roselend
Vue dégagée sur la « Pierra Menta »
Passage du col du Bresson- En contrebas… le lac de Roselend
Descente vers le refuge de le Balme et Valezan

Après le passage du col du Bresson, c’est parti pour 11 km de descente. Mon genou me fait de plus en plus mal. C’est ici dans les derniers kilomètres que je décide d’arrêter ma randonnée. La douleur est vraiment trop intense. Continuer risquerait de compromettre mes futures sorties. Avec Jean Paul, nous décidons de nous arrêter sur Valezan pour cette nuit. Je l’informe de ma décision … En plus, je viens de casser un de mes bâtons de marche (un signe du destin ?). Pour info, mes bâtons me servent aussi pour monter la tente : c’est compliqué à présent.

Arrivé sur Valezan, nous posons les sacs a dos a « l’Auberge ». Ce soir on se lâche… C’est gîte et couvert. De toute façon pour moi, fin de la GTA. Même descendre un escalier n’est plus possible ce soir.

Samedi matin, Jean Paul quitte le gite très tôt (Bien avant 7h il me semble). Lui continue le chemin et se dirige vers le parc de la Vanoise et Tignes. Moi, j’ai trouvé, grâce au patron du gite, un chauffeur qui descend vers Bourg St Maurice. La je pourrais reprendre un train et me rendre chez Pascal (que je connais depuis un an par le biais du forum PCT sur site HardWare.fr)